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La vie est une expérience mystérieuse. Un jour, nous arrivons sur terre, dans des conditions bien étranges. Nous intégrons une famille avec une histoire et un patrimoine génétique. De notre naissance à notre mort, nous sommes confrontés à diverses situations, certaines agréables et d’autres moins joyeuses parfois même très difficiles. La maladie, la pauvreté, la violence, la solitude etc… nous tombent dessus sans que nous le voulions et nous les subissons sans comprendre, en allant parfois de misère en misère. De même, tandis que des personnes « mauvaises » et sans moralité prospèrent et jouissent de tous les privilèges que la vie a à offrir, des personnes plus gentilles luttent jour après jour pour survivre et s’en sortir. Face à cette injustice, quel est le sens ?
Pareillement, en accompagnement, il m’est arrivé de recevoir de très bonnes personnes qui malheureusement ont vécu des choses terribles qui marquent à vie. Là encore, la question demeure, pourquoi ? En vérité, je crois que cette question de savoir pourquoi nous avons à vivre les choses que nous vivons est une question centrale, beaucoup avant nous se sont posé cette même questions. Certains trouvent leur réponse dans la religion, d’autres dans des thèses philosophiques.
C’est aussi une question qui peut occuper une grande place en accompagnement (parfois trop grande !), souvent nous nous demandons pourquoi nous ressentons tels symptômes ou pourquoi sommes nous confrontés à tel blocage. Loin de pouvoir répondre totalement à cette question l’hypnose peut-être une aide pour explorer et trouver dans notre subconscient des pistes de réflexions et des indices de compréhension.
Pourquoi souffrons-nous et comment réduire la souffrance ?
« […] le patient ou, consultant à l’impression de perdre le contrôle sur ces comportements et de subir impuissamment les aléas de la vie.«

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Dans le domaine de la psychologie, plusieurs auteurs se sont intéressés à la raison des symptômes et autres manifestations psychologiques de la souffrance. Ces manifestations peuvent prendre bien des formes et même marquer notre corps. Selon la psychanalyse, la raison de ces souffrances est dans ce que Sigmund Freud appelle l’inconscient. Comme je l’ai dit dans l’article sur les rêves, l’inconscient est le réservoir de nos représentations et de nos désirs refoulés. Ces désirs et représentations ne restent pas sagement dans l’inconscient, ils essayent de se frayer un chemin pour exister dans la réalité, même de façon détournée. En fonction de notre structure psychique, nous allons réagir à l’accomplissement, ou non, de ces désirs. Comme on peut l’imaginer, c’est l’impossibilité de réaliser ces désirs qui provoquerai cette souffrance. À cette incapacité, s’ajoute en plus, la douleur de l’incompréhension. Il faut donc pour éviter la souffrance ou du moins la réduire, comprendre ce qui la provoque. Qu’est-ce qui raisonne à l’intérieur de nous et que nous cherchons à combler par des éléments l’extérieur. C’est là le travail qui peut-être lors du processus d’élaboration proposé en psychanalyse.
D’un point de vue plus cognitivo-comportemental, on peut considérer que la souffrance est due à une mauvaise interprétation qui est elle-même le résultat d’apprentissages. Nous interprétons le monde en fonction de ce que nous en savons et de ce que nous en croyons. Ceci est le fait d’un apprentissage plus ou moins long qui passe par l’éducation et notre propre expérience de vie. Ainsi, face aux différentes situations de la vie nous avons développé des idées. Ces idées se regroupent en structure et se déclinent sur nos pensées, nos comportements et nos émotions, c’est ce qu’on appelle des « schémas« . Or, ces schémas ne sont pas des vérités absolues, et peuvent être remises en cause. C’est donc quand il y a une inadéquation entre nos schémas et le réel que la souffrance peut naître. Tout le travail consiste alors à questionner ces idées et parfois à les changer pour nous permettre de mieux nous adapter et, d’accepter une certaine réalité.
À certains égards, ce point vu est assez similaire de celui que nous adoptons en hypnose. En effet, nous considérons en hypnose, que le subconscient est constitué de pensées, de comportements et d’émotions qui s’activent automatiquement sous l’impulsion de phénomènes externes ou internes. Ces pensées, comportements et émotions sont eux aussi le fruit d’un apprentissage. La grosse différence vient du fait que dans la conception de l’hypnose, la souffrance est due au fait qu’il y a une inadéquation entre ces apprentissages et le but recherché par le consultant. Le consultant se trouve en proie à ses habitudes mentales et comportementales et, a l’impression de ne pas pouvoir agir consciemment sur elles. Il se trouve donc face à un blocage. Le travail en hypnose vise alors à modifier les croyances du subconscient pour lever le blocage et faire aller le subconscient dans le direction voulu par le consultant.
Dans ces trois tentatives d’explications, nous retrouvons une chose assez intéressante, le patient ou, consultant à l’impression de perdre le contrôle sur ses comportements et de subir impuissamment les aléas de la vie. Toutes ces formes de travail visent à aider la personne à regagner le contrôle et le sentiment de bien-être.
La compréhension est-elle toujours nécessaire au changement ?
« C’est comme mettre du parfum sans se laver ! »

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Lorsque j’étais en stage, je me souviens une fois avoir abordé la question de la confiance en soi avec ma tutrice de stage. À cette époque, j’étais plutôt convaincu par l’approche ericksonienne actuelle et, de son côté ma tutrice était une psychanalyste vétérante. Je lui ai alors parlé de résultats rapides que parvenaient à avoir certains de mes amis hypnothérapeutes sur la confiance en soi en utilisant des protocoles simples. Lorsque je lui expliquais qu’ils n’avaient pas besoin de faire un travail aussi profond et surtout aussi long, elle me répondit : « C’est comme mettre du parfum sans se laver ! ». J’avais un peu mal pris sa réponse, car pour moi, c’était comme si elle dénigrait le travail que font des milliers de personnes ainsi que, les témoignages des consultants. Aujourd’hui, ma position est un peu plus nuancée, sans être totalement d’accord, j’admets que dans certains cas, comprendre le sens peut aider.
Comme je l’ai dit en introduction, la quête de sens est un questionnement inhérent à l’esprit humain. Il est donc normal lorsque l’on souffre de chercher à comprendre pourquoi nous souffrons. D’autant plus que, si nous comprenons ce qui nous fait souffrir, nous pouvons l’éviter, autant que faire ce peut. La compréhension du sens nous permet en plus de prendre la perspective, et d’intégrer notre souffrance dans notre histoire de vie. Nous comprenons alors que la souffrance que nous traversons ne nous est pas tombée dessus, mais s’inscrit dans quelque chose de plus large. Le plus souvent dans une suite de choix que nous avons fait en réponse à nos besoins et aux circonstances de notre vie. Or, si nous comprenons que la souffrance est le résultat de nos choix, nous comprenons que nous pouvons faire des choix différents pour quitter cette souffrance. Nous passons alors du rôle de victime des circonstances au rôle d’acteur de notre vie.
Il ne faut pas cependant basculer dans l’extrême inverse ! Certaines personnes se disent que tant qu’elles n’auront pas compris, elles ne pourront pas changer. C’est totalement faux ! J’ai vu d’innombrables personnes s’épuiser dans toute sorte de thérapie sans jamais trouver le sens de leur maux ni changer leur situation. Inversement, j’ai vu des personnes changer sans comprendre le sens de leur souffrance. De plus, comprendre le sens de notre souffrance ne garantit pas toujours la libération, on peut très bien en comprendre le sens sans pour autant réussir à s’en défaire. Pour illustrer ce que je viens de dire, on peut très bien comprendre pourquoi nous fumons, cela ne nous empêche pas de continuer à le faire. Mon opinion est qu’il faut comprendre le sens pas seulement de façon intellectuelle, mais de façon à pouvoir agir concrètement. En d’autres termes, conscientiser pour agir et évoluer.
Comment l’hypnose peut aider à retrouver du sens ?
« […]sous hypnose, nous pouvons adopter un autre point de vue sur les événements […] »

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Comme vous le savez, j’en ai également déjà parlé dans d’autres articles, il existe plusieurs styles d’accompagnement par l’hypnose. Certains styles sont plus terre-à-terre et d’autres plus ésotériques. Chacun d’eux peut proposer une explication à ce que vit le consultant. Par exemple en hypnose spirituelle, le praticien peut proposer une régression dans les vies antérieures pour trouver le sens et les ressources nécessaires à la résolution d’un problème. Même en hypnose plus classique, le praticien peut aussi proposer une régression à la cause du problème pour aider son consultant à changer. Mon avis sur tout cela est de faire preuve de la plus grande prudence. Il est probable que votre subconscient crée des faux souvenirs pour vous aider à recréer de la cohérence dans votre expérience de vie. D’où l’importance de garder aujourd’hui, une lucidité par rapport à ce type de phénomène.
Dans ma pratique, je propose aussi une forme de régression, mais toujours à partir d’un événement qui s’est réellement produit. Le but est de prendre le temps de comprendre quel était l’état d’esprit de mon consultant à ce moment là. Bien sur, je ne le fais pas juste comme ça, ceci s’inscrit dans un suivi et nécessite une préparation. Ce n’est pas un travail que je propose systématiquement, mais qui m’a bien des fois aidé à mieux définir la problématique de mes consultants.
Une autre chose que j’ai remarquée et que l’hypnose permet au consultant, lui-même et selon sa propre interprétation, de déceler du lien entre des choses qui semblent ne pas en avoir. Ceci est certainement dû au fait que sous hypnose, nous pouvons adopter un autre point de vue sur les événements, un point de vue plus détaché. Comme nous prenons du recul, nous voyons la situation dans son ensemble.
Conclusion
Ainsi donc, comme nous venons de le voir, la compréhension du sens n’est pas toujours nécessaire, mais peut grandement nous aider. Comprendre le sens nous permet d’accepter une situation désagréable. J’en veux pour preuve, tous ces parents qui se réveillent chaque matins pour faire un travail ingrat avec l’espoir de subvenir aux besoins de leur famille. De plus comprendre le sens nous permet de conscientiser que nous ne faisons pas que subir les circonstances. Parfois ce qui nous arrive n’est que la conséquence de nos actions et décisions antérieures. Dans cette perspective, comprendre le sens est salvateur, car il permet de remettre la cohérence dans notre parcours de vie.
Finalement, il y a deux écueils à éviter, premièrement vouloir trouver le sens jusqu’à s’en épuiser et deuxièmement, croire que trouver le sens nous libérera automatiquement.
D’un point vu plus large, nous pouvons considérer quelque chose d’un peu plus transcendant. Peut-être que nos difficultés n’ont pas d’autre but que de nous aider à nous transformer à un moment critique de notre vie. Dans ces moments, la seule issue possible est alors d’adopter un nouveau comportement pour retrouver notre équilibre. Nos difficultés apparaissent alors comme un point de départ pour explorer la connaissance de soi et ainsi nous transformer.
À méditer…
Jordan Mézence
Praticien en Hypnose
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