Rêve et hypnose : Des portes ouvertes vers les profondeurs de notre inconscient

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Depuis l’enfance, j’ai toujours été attiré par le monde des rêves. Déjà à l’époque, je trouvais cela fascinant de pouvoir vivre une expérience de conscience tout à fait différente de celle que je vivais à l’état d’éveil. C’est comme entrer dans un monde parallèle dans lequel la logique est totalement renversée. J’aime également me souvenir de mes rêves, les raconter, voir comment mon inconscient a agencé divers éléments et tenter parfois d’en desceller un sens. Il m’est même parfois arrivé d’avoir des rares rêves prémonitoires et quelques fois, des cauchemars. Les rêves nous ont toujours intrigués, il suffit de voir les films comme Inception, Némo au pays de rêves ou tout simplement des contes comme Alice au pays de merveilles, pour se rendre compte que l’univers des rêves nous inspire !
La réalité hypnotique et la réalité onirique sont très similaires au point que, la plupart du temps les personnes sous hypnose racontent avoir été comme dans un rêve. Dans cet article, nous allons tenter de voir ce qui cause ses similarités et s’il est possible d’utiliser nos rêves, comme nous utilisons l’hypnose pour évoluer et atteindre nos objectifs.

Aspect physiologique et scientifiques du rêve

« Le rêve est étudié scientifiquement au même titre que le sommeil. « 

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Les rêves sont des productions mentales qui se produisent durant certaines phases du sommeil. En effet, lorsque nous dormons, nous passons par différentes phases, le sommeil lent, le sommeil profond et, le sommeil paradoxal. D’après l’INSERM, ces phases ne sont pas forcément successives ni figées et notre rythme de sommeil peut varier. Jusqu’à il y a peu, nous pensions que les rêves ne survenaient que durant la phase du sommeil dit paradoxal. Cependant, des images oniriques peuvent survenir même au moment de l’endormissement, c’est ce qu’on appelle l’etat hypnagogique. Durant cette phase, nous nous endormons légèrement et notre conscience se dirige vers une réalité plus imaginative. Cette phase est très fragile car, nous ne sommes pas profondément endormi la moindre distraction suffirait à nous réveiller. Dans la phase paradoxale, nous notons justement un paradoxe. D’une part, on note une activité cérébrale active alors que le sujet est endormi et d’autre part, la motricité est réduite au maximum (d’où le paradoxe !). Au cours de cette phase, nos rêves sont plus prolifiques et vécus de façon plus intense. Cela est peut-être dû au fait que le sujet vit dans le monde onirique, des expériences qu’il considère réelles et que d’un autre côté le corps coupe la motricité sans quoi, nous nous déplacerions pendant nos rêves un peu comme le font les somnambules.

Le rêve est étudié scientifiquement au même titre que le sommeil. Pour l’étudier, les chercheurs peuvent s’appuyer sur les récits des rêveurs ainsi que sur toute une batterie de tests et d’outils. Parmi leurs outils, on peut noter l’utilisation des électro-encéphalogramme. Grace aux EEG, ils peuvent savoir dans quelle phase du sommeil est le rêveur. En effet, les ondes cérébrales émises par le cerveau varient en fonction de l’activité électrique. Par exemple, au cours du sommeil paradoxal, l’activité cérébrale ressemble du rêveur ressemble à celle d’une personne éveillée.

L’une des différences majeures entre le rêve et l’état d’éveil, se situe au niveau des zones cérébrales. Durant la phase du rêve, les zones du cerveau impliqué dans la motricité, le raisonnement et le contrôle sont « désactivées » alors qu’à l’inverse, les zones de la région limbique, plus en lien avec les désirs, les émotions et la mémoire, sont très activent. À ce stade, nous pouvons supposer que le rêve joue un rôle important dans la construction de notre mémoire et dans la régulation de nos émotions. Ceci permettrait aussi d’expliquer le phénomène de paralysie du sommeil, car les zones motrices du cerveau sont encore inactives nous sommes donc paralysé et les zones impliquées dans la régulation des émotions sont actives surtout l’amygdale qui est très impliquée dans la peur. Il est donc tout à fait envisageable que ces expériences sont souvent décrites comme étant plus vraies que nature.

Le rêve en psychanalyse

« une voie royale vers l’inconscient »

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En psychanalyse, le rêve est un phénomène psychique au même titre que les lapsus, l’oublie de mot, actes manqués…etc. Ils procèdent tous soit d’une tentative de l’inconscient de s’exprimer, soit l’incapacité du conscient à contrôler ce qu’il refoule. Ils seraient donc le résultat de nos conflits psychiques. Pour Freud, le rêve est spécifiquement « une voie royale vers l’inconscient » car dans le rêve, il n’y a pas la barrière de la censure. Le rêveur peut ainsi vivre ses fantasmes sans frustration et sans crainte de la censure, même s’il peut parfois les vivre d’une façon détournée. Toujours selon la théorie psychanalytique, le but du rêve et de maintenir le rêveur endormi.

Pour la psychanalyse, l’inconscient est le réservoir de nos représentations refoulées. Il contient tous nos désirs, à l’état brut et auxquels nous ne pouvons pas donner libre cours. Dans le rêve, ces désirs vont pouvoir être vécues sans censure et sans culpabilité et donc, sans angoisses de castration. Les rêves peuvent aussi provenir de nos souvenirs même s’ils prennent une forme différente. Par exemple, dans un de ces ouvrages Freud relate le rêve d’un de ses jeunes patients prénommé Hermann. Il raconte qu’au cours de la journée, Hermann voulait manger des cerises, mais que sa mère le lui avait interdit. Dans son rêve le jeune garçon réalise son désir en entendant quelqu’un dire : « Hermann a mangé toutes les cerises. »

Toutefois, l’interprétation des rêves n’est pas aussi simple. Comprendre la signification d’un rêve nécessite une analyse. Tout d’abord, le but du rêve est de garder le rêveur endormi et surtout, le rêveur ne doit pas se rappeler de son rêve. Ce qui constitue une première difficulté, car pour cette raison, le psychisme met en place une série de mécanismes complexes visant à transformer le contenu du rêve. Ensuite, comme pour tout phénomène psychique il y a un contenu évident (dit: manifeste) et un contenu caché (dit: latent). Si le contenu évident est celui qui saute aux yeux, ce n’est pas celui-ci qui est le plus important comme vous pouviez vous en douter. Pour comprendre un rêve, il faut en comprendre le sens caché et, le sens d’un rêve n’est pas indépendant du reste de la vie psychique d’un individu. Autrement dit, il faudrait prendre en considération tout son vécu, tous ses désirs, toutes ses frustrations, bref toute sa vie… D’où l’intérêt de suivre une psychanalyse si vous en avez l’envie et, surtout les moyens !
Si ce n’est pas votre cas, vous pouvez aussi noter vos rêves le matin avant toutes autres activités, peut-être y trouverez vous des idées récurrentes.

Onirisme et hypnotisme

« On peut aussi se servir de l’hypnose pour programmer ses rêves. »

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Nous pouvons voir qu’il existe des similarités entre le sommeil et l’hypnose. Une première d’entre-elles est un état de conscience modifié. Qu’est-ce que le sommeil sinon notre conscience réduite à sa plus petite expression ? Et lorsque nous rêvons, notre conscience est intériorisée puis absorbée par le scénario proposé par rêve au point même que nous avons l’impression que ce dont nous rêvons est réel. Il en est de même pour l’hypnose. Sous hypnose, nous dirigeons notre conscience vers des images et des suggestions. Le but est d’être dans un état dans lequel nous pouvons vivre ces images et suggestions comme si elles étaient réelles pour nous. Plus on parvient à s’immerger dans cet état et plus on pourra en ressentir les effets. Un parallèle intéressant que nous pouvons également voir est que, sous hypnose (profonde), le cerveau produit des ondes thêta, les mêmes produites durant la phase du sommeil paradoxal.

Une multitude de phénomènes assez surprenante peut être provoquée sous hypnose. Des hallucinations visuelles, auditives, des modifications de la tonicité musculaire, une réduction des ressentis externes et d’autres encore. Il suffit de suggérer à la personne hypnotisée de vivre ces choses-là et, si la personne est bien sous hypnose, elle aura alors l’impression de les vivre, mais comme dans un rêve. Il y a toutefois une limite, tout le monde n’a pas accès à tous ces phénomènes, seulement une petite partie de la population. Lors de mes accompagnements en suivi, il m’arrive quotidiennement d’utiliser ces techniques pour aider mes consultants à atteindre leurs objectifs. Le but pour moi est de faire réagir leur subconscient et de le diriger vers l’objectif fixé. Je leur propose donc des visualisations ainsi que d’autres exercices qui nécessitent le concours d’un état de conscience différent.

On peut aussi se servir de l’hypnose pour programmer ses rêves. C’est une technique un peu complexe, mais qui peut apporter de bons résultats. À l’époque où je passais mon permis de conduire, j’utilisais l’auto-hypnose pour faciliter mon apprentissage des manœuvres. J’en ai déjà parlé dans cet article, mais je le redis ici, grâce à l’hypnose nous pouvons faciliter l’automatisation des manœuvres. À force de travailler avec l’auto-hypnose, je parvenais à programmer des rêves dans lesquels j’effectuais ses manœuvres. De fait, lorsque j’arrivais en heure de conduite, je pouvais me concentrer sur autre chose comme, la direction, le contrôle, les blagues de mon moniteur…etc. Evidemment, cette anecdote ne relève pas la science, mais de mon expérience et, j’ai l’intime conviction que vous pourrez aussi en faire vous aussi l’expérience à condition de vous impliquer dans ce travail. Il existe d’ailleurs une méthode un peu similaire appelée le rêve éveillé de Désoilles. C’est une technique qui propose d’aider les gens à surpasser leurs difficultés en leur faisant voir des images dans un état de détente. Pour moi, il s’agit d’hypnose sous un autre nom, mais bon je ne suis pas expert. Si vous êtes expert dans cette méthode je serai ravi d’en apprendre plus !


Conclusion

Le monde onirique tout comme l’hypnose est encore auréolé de mystère. Bien que la science fasse beaucoup de progrès, il demeure des zones que nous ne comprenons pas. Je pense par exemple à la tribu luba de la république démocratique du congo pour qui les rêves peuvent être un moyen de communiquer avec des ancêtres ou des membres de la famille décédés ou encore, ces chamanes autour du monde qui utilisent les rêves pour recevoir des messages d’une autre dimension. Il y à même aujourd’hui des personnes qui affirment avoir des techniques pour apprendre à contrôler les rêves et même, faire des voyages astraux.

Et puis quid l’interprétation que nous pouvons en faire ? J’ai moi-même été motivé à écrire cet article car j’ai fait un rêve qui m’a poussé à en chercher le sens. Finalement, j’en arrive à cette conclusion, seul le rêveur peut comprendre le contenu de ses rêves. Lui seul est capable d’interpréter le contenu de ses visions oniriques et de trouver de la cohérence là ou d’autres ne verraient qu’un dédale obscur de délires absurdes.

Jordan Mézence
Praticien en Hypnose
07 66 31 78 66
librehypnose@gmail.com

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