L’hypnose, une alliée pour se libérer de nos phobies ?

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Assez étrangement, ces derniers temps, je me suis retrouvé à accompagner beaucoup de personnes pour les phobies et comme c’est le mois où on joue à se faire peur, j’ai pensé qu’un article sur ce thème conviendrait bien.
Dans cet article, je vous invite à en apprendre plus sur les phobies. Vous comprendrez que la phobie n’est pas une simple peur et que la personne phobique n’est pas juste une peureuse qui ne veut pas faire d’effort. Bien souvent, les personnes souffrant de phobies sont des personnes qui luttent constamment. Le système qu’elles mettent en place pour gérer leur phobie demande parfois beaucoup de créativité et d’énergie de fait, leur mental est soumis à une lourde charge et, à une fatigue intense.
À travers cet article, j’espère vous apprendre plus sur les phobies, leur origine et leur traitement. J’espère également vous aider à être plus compréhensifs avec les personnes de votre entourage qui souffre de phobies.

La différence entre peurs et phobies

« En effet, un individu qui souffre de phobie aura tendance à éviter toutes les situations qui sont en lien avec l’objet phobique »

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Dans un précédent article, j’ai eu l’occasion de parler des émotions. J’y abordais les différentes émotions et je vous expliquais que toutes avaient un rôle aussi bien personnel que social. La peur, dont il est question dans l’article d’aujourd’hui, est une émotion essentielle à notre survie. Sous l’effet de la peur, notre corps réagit en envoyant du sang et de l’énergie dans les membres afin que nous puissions fuir ou nous défendre. Sous une forme, terreur, la peur nous paralyse totalement et, nous laisse en état de sidération. Il existe même certains cas grave, où la peur est si intense qu’elle laisse une marque indélébile dans l’esprit. C’est un peu ce qui se passe dans le cas des syndromes de stress post-traumatique. Bien heureusement, nous vivons aujourd’hui dans une société dans laquelle ces drames sont rares.

Comme pour beaucoup de pathologie, la frontière entre le normal est le pathologique n’est pas une question de catégorie mais plus de continuum. La peur est une émotion normale face à un événement ou une situation. Il se déclenche une cascade de réactions plus ou moins puissantes en fonction des individus et, qui s’éteint une fois que l’événement est passé. La différence avec la phobie est que, cette dernière entraine une souffrance significative et trouble le quotidien. En effet, un individu qui souffre de phobie aura tendance à éviter toutes les situations qui sont en lien avec l’objet phobique. Cela l’oblige à réorganiser sa vie de façon à être le moins possible en contact avec cet objet. Cela peut provoquer une fatigue intense, car le cerveau est constamment obligé de penser à des stratégies d’évitement ou à des conduites de réassurance. Cela provoque aussi une certaine forme de rigidité mentale afin de maintenir un cadre sécure. Par exemple, dans le cadre de la phobie des araignées, qui est une plus répandue, une personne phobique pourrait très bien passer l’aspirateur tous les soirs pour s’assurer qu’aucune araignée viennent l’attaquer durant son sommeil.

La différence la plus significative est le caractère irrationnel de la phobie. Bien souvent quand on est phobique, nous ignorons la raison de notre phobie et, même si l’on sait de façon rationnelle que l’objet ne présente pas un danger mortel immédiat, nous ne pouvons pas nous empêcher de réagir de façon parfois excessive. Ce sentiment de peur excessive nous fait totalement perdre le contrôle de nos pensées, nos réactions et bien entendu, de nos émotions. Tout se passe comme si d’un coup notre cerveau devient incapable de raisonner correctement. Et cela peut même occasionner des crises de panique avec des sensations et des perceptions étranges, allant parfois jusqu’à un sentiment de déréalisation…
Je remarque que souvent, c’est la peur même de perdre le contrôle qui conduit les personnes phobiques à éviter les situations à risque. Malheureusement, certaines phobies sont difficilement évitables, la peur des baleines et moins dérangeante que celles des chiens car, on a beaucoup moins de chance de croiser l’un que l’autre (Sauf si vous travaillez en mer).

D’où viennent les phobies (explications théories psy)

« En fait, dans sa conception de la phobie l’hypnose se rapproche davantage des TCC. »

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Une chose qui ne vous a surement échapper et le questionnement vis-à-vis d’une phobie. Pourquoi avons nous si peur ? Cette phobie a-t-elle un sens ? Suis-je normal ?
Les courants de la psychologie classique ont tenté d’apporter des réponses.

Selon les thérapies cognitivo- comportementales, la phobie serait le fruit d’un apprentissage et même d’un conditionnement. Il se peut qu’au cours de notre existence nous avons développé un mécanisme de surprotection face à un objet que nous avions considéré comme une menace. Ce mécanisme s’est automatisé et renforcé avec le temps. L’idée principale pour s’en défaire est de comprendre le mécanisme de retraiter les pensées et émotions que nous produisons sur l’objet phobique puis, progressivement, s’exposer à l’objet. Une expérience très connue en psychologie pour expliquer le développement des phobies et le cas du « petit Albert« . Dans cette expérience menée par John Watson en 1920, les chercheurs ont mis en place un dispositif pour créer une phobie chez un enfant de âgé de 9 mois en utilisant le conditionnement. L’expérience fut un succès dans la mesure ou une phobie a bien été créé, cependant et malheureusement, quand l’expérience fut terminée, le petit Albert conserva sa phobie.
Inversement, d’autres chercheurs ont proposé une expérimentation dont le but était de supprimer une phobie. Cette recherche a été menée par Watson et Mary Cover Jones en 1924. Leur but était de supprimer une phobie des lapins chez une enfant en associant les lapins à une expérience positive. Cette expérimentation s’est soldée par un succès, au bout de quelques semaines, l’enfant n’avait plus peur des lapins et pouvait même les tenir.
En général, et façons globale pour les TCC, le programme est plus ou moins long, le psychothérapeute peut en plus donner des exercices à faire chez soi.

Selon la psychanalyse, l’origine de la phobie est la projection d’un conflit inconscient sur un objet ou une partie de cet objet. L’objet se transforme ainsi en objet phobique. La psychanalyse est davantage centrée sur la compréhension de soi. Le traitement vise à explorer dans l’inconscient du sujet quelle angoisse est projetée. Un cas très intéressant de la littérature freudienne à propos des phobies est, « l’homme aux loups ». Serguei un patient de Sigmund Freud présente différents troubles dont une phobie des loups. En s’appuyant sur sa méthode d’analyse du psychisme, Freud étudie le contenu psychique du jeune homme. Lors de son analyse, Serguei évoque un rêve qu’il eut durant l’enfance et dans lequel un loup blanc se faisait couper la queue. Freud interprète cela comme une expression de l’angoisse de castration ressenti dans la phase préœdipienne du développement psycho-sexuel. Cette angoisse se serait déplacée ensuite sur les loups.
Comme on peut s’y attendre, les thérapies de traitement des phobies en psychanalyse peuvent durer plusieurs années. Rappelons-nous que, comme le disait mon professeur d’université, le but de la psychanalyse n’est pas la guérison mais la compréhension des dynamiques en vigueur dans le psychisme.

En hypnose, la vision est à l’opposé de la psychanalyse dans la mesure où nous n’avons pas forcement besoin de connaître la cause d’une phobie. En fait, dans sa conception de la phobie l’hypnose se rapproche davantage des TCC. Nous considérons que le subconscient a appris à sur-réagir à une chose et que le mental a développer tout un imaginaire autour de cette chose. Le travail consiste à apprendre au subconscient à ne plus réagir de la même façon. Nous parlerons en profondeur dans la partie suivante.

Comment l’hypnose peut aider à vaincre les phobie

« […] il arrive fréquemment que mes consultants me disent « Je me sens plus relaxé, et je me fous de savoir si il y a, ou non, mon objet phobique ». »

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L’hypnose peut agir de trois façons. En premier lieu, l’hypnose est un excellent moyen de se relaxer profondément, aussi bien le corps que l’esprit. Quand on est sujet à des phobies, nous sommes soumis à une tension constante du fait de l’hypervigilance. Cette hypervigilance créait des tensions et une fatigue nerveuse. Les nerfs sont à vifs. Des séances d’hypnose régulières contribueraient donc à habituer le corps à être en état de calme tout simplement. Petit à petit, au fil des séances, on retrouve plus de douceur, plus d’apaisement dans le quotidien. Quelques temps après nos séances, il arrive fréquemment que mes consultants me disent « Je me sens plus relaxé, et je me fous de savoir si il y a, ou non, mon objet phobique ». En nous relaxant nous envoyons un message puissant à notre corps « tout va bien », dès lors il baisse la garde et nous pouvons explorer le monde de façon plus sereine.

L’hypnose permet également de modifier la perception que l’on a de l’objet. Nous nous créons tous des représentations des choses. Il est fréquents que dans le cas de phobies, la personne phobique, à une représentation de son objet comme étant quelque chose de dangereux de très grand… Sous hypnose avec l’aide des techniques de suggestion et de visualisation, nous pouvons travailler à développer une image moins terrifiante et même plus positive de l’objet. Nous modifions notre perception et ainsi, notre rapport à l’objet phobique.

La visualisation peut aussi être utilisée de façon différente. Lorsque l’on est phobique et que nous voulons reprendre le contrôle, il est important de pouvoir s’exposer régulièrement à l’objet. La visualisation permet ce type de travail. Le fait d’être sous hypnose nous permet en plus de se sentir comme si nous étions vraiment en présence de l’objet dont il est question. Ainsi à force d’y être exposé, nous augmentons notre tolérance à l’objet et nous retrouvons plus de maîtrise. L’exposition en imagination permet de très bons résultats, c’est même une technique utilisées dans les thérapies cognitivo-comportementales pour traiter les phobies. Le but étant de désensibiliser. De plus, en visualisant nous pouvons aussi nous préparer à faire face sereinement aux choses qui nous font peurs, que ce soit pour les phobies ou autres choses.

En complément du travail d’hypnose en cabinet, je donne à mes consultants des outils et techniques leur permettant de surmonter leurs phobies avec plus d’efficacité. En plus des séances d’hypnose que je leur envoie par mail, je montre comment méditer en pleine conscience pour se détacher des pensées négatives et ruminations dues aux phobies, je leur montre comment se relaxer intégralement puis, je leur recommande des huiles essentielles qui leurs permettront de calmer leur système nerveux. Avec tout ce travail, ils se libèrent progressivement de la phobie et reprennent le contrôle de leur vie. En outre, d’autres pistes peuvent être explorées en fonction des outils existants. Par exemple dans le cas d’une phobie des chats, on peut utiliser un laser pour éloigner les chats de notre chemin.


Conclusion

J’aimerai terminer en disant que l’hypnose peut également être un moyen pour trouver la cause dans le subconscient. Cependant, il faut rester vigilant, car la cause que l’on peut voir sous hypnose peut tout simplement être quelque chose de symbolique.
Les phobies sont de vraies pathologies mentales qu’il ne faut pas prendre à la légère. Avant d’envisager tout autre moyen de prise en charge il est important de voir d’abord un psychologue.
Il est totalement inutile de pousser une personne phobiques à « affronter » de façon brutale et sans préparation, l’objet de sa phobie. La plupart du temps cela provoque plus de contraction et ne peut qu’accentuer la réaction de peur. Le mieux est d’aider la personne à avancer à son rythme avec un accompagnement adapté.
Enfin, bien que l’hypnose soit une aide, il faut garder à l’esprit que ce n’est pas une méthode magique et garantie à 100%. Le chemin pour sortir d’une phobie et la seule méthode valable est celle qui fonctionne pour vous.

Jordan Mézence
Praticien en hypnose
Tél: 07 66 31 78 66
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